Chantier jour 11
Routine p’tit déj : Chapati, légumes, thé, Kam ma Jam ! Petit tour de chantier pour commencer. Depuis que l’école existe, les deux bâtiments constituant les toilettes n’ont jamais été raccordés à l’eau, ni à l’électricité. Les travaux vont considérablement améliorer la vie des élèves et des professeurs. L’éducation, l’hygiène et la santé constituent les fondamentaux des actions de Neem et Un Objectif pour Demain.

Jay et Basanta s’occupent des finitions et retouches, armés de peinture noire et blanche. De mon côté, l’escalier du bâtiment principal m’attend avec mon rouleau et mon bambou. Peindre les plafonds est pour moi une corvée. Je pense que je ne le ferai jamais chez moi, mais ici, cela fait partie intégrante du job. Je m’y colle, en espérant ne pas être trop arrosée. Il est question de dosage de peinture sur le rouleau, d’élan mesuré pour le mener au plafond et d’intensité subtile d’appui sur la surface… Je pense que je ne suis pas loin de la recette idéale, j’ai encore du boulot !

Pause gourmande et murs colorés
Je passe par la cuisine faire ma pause, il y a toujours des enfants ou des professeurs. Je tombe à pic pour apprendre à cuisiner le Dal aux côtés de Rama : huile, oignons, lentilles corail et jaunes, curcuma, masala, sel et de l’eau, et c’est parti !

Je suis en rupture de peinture pour la deuxième couche, j’en profite pour jeter un œil sur l’enceinte de l’école : Jay, Deepak et un des hommes du village ont commencé à peindre le mur extérieur. Cela transforme totalement l’allure de l’école, crée une unité, c’est superbe !

Séance photo et « guet-apens »
Après le Dal Bhat, il était prévu une séance photo avec les professeurs. Debbie m’attrape le bras, elle m’emmène avec elle et d’autres professeurs ; je pense qu’elle a préféré un autre spot que celui que j’avais proposé. Elle me fait répéter des phrases que je ne comprends pas. Au moins, elles s’amusent (j’ai bien compris que mes vêtements sales, couverts de peinture, devaient y être pour quelque chose !!).
Finalement, première étape : des professeurs déblaient un espace qui permettra aux garçons d’accéder à une partie du mur d’enceinte encombré. Enfin, nous allons pouvoir prendre les photos. Elles décident de monter un peu au-dessus du village, il y a un joli point de vue. Je les suis, ou plutôt Debbie m’emmène, sous un soleil de plomb.

Nous arrivons près du petit restaurant : toujours pas de photos mais un guet-apens ! Elles sont venues manger des nouilles sautées et veulent me commander une assiette (pour rappel, j’ai un Dal Bhat pour deux personnes dans l’estomac). Pas le choix, on me sert une petite portion. Le moment est animé au milieu de toutes ces belles femmes en tenue officielle rose. Ça papote, ça rigole. Nous regagnons l’école. Chacun leur tour, ils posent. Sérieux de rigueur, certains finissent par sourire, mais l’exercice est compliqué. Ils se prennent au jeu et rient de leurs clichés. Il me manque les photos de cinq professeurs et du principal, je les prendrai demain.
Échappée belle vers Chapakot
Pour ma part, c’est douche et direction Chapakot en moto. La route que nous empruntons est en travaux. J’ai totalement confiance en Basanta ; certains passages semblent glissants mais tout se passe sans encombre. Je fais quelques achats personnels : un cadeau pour Rama, un pour Bindu, et une razzia de fruits pour leurs familles, pour Pompa et pour les professeurs. Nous nous accordons une pause pour prendre un verre. Je n’ai rien bu de frais depuis Katmandou. Tant pis pour le sucre, pas de Coca, je prends un Seven Up !

Au retour, Basanta, les 6 kilos de fruits entre nous et moi à l’arrière, prenons la route goudronnée par Baricuda. Plaisir intense de ce moment de plénitude de paysage que je peux savourer tranquillement. Basanta roule doucement (la route l’impose au-delà de sa prudence). Je pense à sortir mon téléphone, puis finalement non. Je profite, j’avale toutes ces images avec délectation.
L’altitude n’est pas élevée mais les montagnes sont abruptes, couvertes de végétation. Ici, une crête qui descend dans la vallée avec quelques espaces un peu plus larges : c’est suffisant pour y avoir construit une maison et créé un espace cultivable. Vision improbable, les Népalais et les montagnes s’apprivoisent, se tolèrent, cohabitent. Les conditions y sont rudes, mais les « collines » (en dessous de 3000 m, il est question de collines ici) sont leur terre.
J’ai l’impression de suivre un reportage sur France 5 ; je ne le suis pas, je le vis, sans casque, caressée par le vent et la tiédeur de l’air. Je me sens libre, vibrante, comme si rien ne pouvait m’atteindre. La sensation est exquise et déstabilisante. Je n’ai plus de repères, en ai-je vraiment besoin ? Je n’ai peur de rien sur cette moto (oui Sandrine, c’est fou !!!).
Retour et pédagogie active
Le panneau de Baricuna se profile, l’école rénovée se trouve sur notre gauche, nous bifurquerons sur le petit chemin à droite dans le grand virage. Dix minutes plus tard, Thatibhanjyang nous accueille. Bindu m’attend sur la place. Je prépare son paquet et la rejoins rapidement. Elle m’invite à prendre un milk tea malgré l’heure (je garde pour moi l’heure passée chez elle en famille, moment perso).

Dal Bhat. Shanker nous rejoint accompagné de Yubraz et Sounil. Ils ont apporté des bonbonnes rechargeables pour l’eau dans les classes, un aspirateur pour la moquette de la maternelle et des poubelles qui seront installées dans l’école mais aussi dans le village : pédagogie active pour tous !
Subha rathri, Feri Bhetaula !

Nadège, je crois qu’à ton retour tu vas être obligé de monter à moto avec François 😉🙏🏻😘
je pense que ces 24h supplémentaires vont te permettre de revenir en douceur… profite des derniers moments de ce voyage extraordinaire, Quel voyage🙏❤️