Ah lala, grande journée !
D’abord une mauvaise nuit car il m’a été impossible de me rendormir à 2h30. Puis à 5h30, Bomba se lève et vaque à ses occupations dans la cuisine et sur la terrasse. Réveil à 6h45 quelque peu douloureux. Elle m’a préparé un thé ; j’avais la petite banane que Bindu m’avait offerte hier soir et dès qu’elle l’a vue, Bomba est montée m’en chercher une main (au moins dix !).

Direction l’école pour retrouver mes comparses à la cuisine. Petit-déjeuner de chapatis et hop : Kam ma Jam ! Rouleaux, pinceaux, peinture : apprêt pour les murs extérieurs en blanc, noir pour les portes… on ne s’arrête plus ! Le chantier a considérablement avancé dans le bâtiment supérieur inachevé : les maçons modèlent les murs (je ne suis pas experte, merci par avance pour votre indulgence sur la partie technique), ils appliquent sur les murs de brique un mélange de ciment, de sable et d’eau.

Les nouvelles portes des toilettes sont arrivées. Les plombiers vont attaquer pour installer l’eau (tranchées…), les électriciens poursuivent le démontage des anciennes installations. Des femmes, des jeunes, des hommes s’affairent à la peinture, au portage de grandes coupes de ciment ou de sable, au nettoyage… C’est un ballet incessant. Les élèves, eux, assistent à leurs cours au milieu de cette tranquille agitation.

En fin de matinée, accompagnée de Basanta, je suis accueillie dans la classe de maternelle pour remettre des cadeaux que j’avais apportés pour les enfants :
- Des jeux de société offerts par la librairie Les Étincelles à Nort-sur-Erdre ;
- Des petites voitures offertes par Maxence et sa maman Marie-Laure, ainsi que par Stéphane. Ces voitures devaient être des achats « Le Bon Coin », mais les deux familles ont décidé d’en faire don aux enfants dès qu’ils ont eu connaissance de leur destination ;
- Des porte-bonheur tricotés et fabriqués par Sylvie ;
- Des raquettes et volants de badminton offerts par Claudine, Martin et Florent ;
- Et pour finir, des bracelets pour toutes les filles, fabriqués par Daphnée, Marie, Soizic et ma famille.

Chaque enfant a reçu son cadeau avec beaucoup de plaisir. Nous avons pris des photos pour immortaliser l’instant avec chaque classe, mais surtout en maternelle, où nous avons eu droit à une formidable et adorable chorale sur « Resham Firiri ». Fantastique moment !

Oh, mais il est grandement l’heure du Dal Bhat pour le déjeuner ! Cet après-midi… à vos pinceaux et rouleaux messieurs dames ! Toujours dans la bonne humeur, avec les enfants qui passent et les sourires intrigués des femmes. Quelques-unes s’approchent de temps en temps avec toujours la même première question : « Quel âge as-tu ? ». J’adore ce pays, car personne ne croit à mes 50 ans 😉 !
Nos vies ne se ressemblent pas. Je travaille confortablement dans un bureau, avec comme seul risque physique une tendinite du coude à cause de la souris d’ordinateur ou d’un clavier trop éloigné. Ces femmes, elles, gèrent tout : les enfants, la cuisine, leur boulot quand elles en ont, le potager… Pour rappel, nous sommes à la montagne : toutes les charges sont portées directement sur le dos ou dans un panier accroché par une sangle sur le front. Résolument, si je menais leur vie, les traces du temps et des efforts se liraient sur mon visage tout comme sur le leur. Alors je leur réponds que j’utilise une bonne crème et on se paie une bonne tranche de rigolade, surtout lorsque l’une d’elles ajoute qu’elles ont à disposition une « bonne terre » pour le visage ou, au pire, du mol (pour ceux qui ont suivi, mol = fumier de buffle !).

Cet après-midi de travail s’achève avec quelques coups de rouleaux sur la façade extérieure. Quand Deepak annonce que le seau d’apprêt est fini et que nous pouvons arrêter là pour aujourd’hui, je ne suis pas fâchée ! D’autant que ce soir, après le travail, c’est douche et… balade à moto avec Basanta pour aller au village voisin : Baricuna.
Je m’installe sur la moto. Basanta a un casque, il n’en a pas pour moi, mais « c’est normal au Népal » ! Nous empruntons non pas une route, mais plutôt un chemin, ou un trait sur une carte. Les nuages se sont un peu levés, le décor est splendide : montagnes sculptées pour les cultures, maisons colorées, une dame perchée en haut d’un arbre qui cueille des légumes… Nous arrivons après 10 minutes, cheveux au vent, à Baricuna. Basanta a contacté un instituteur qui nous ouvre les portes de l’école Balc Alhen, qui a été rénovée par l’association il y a 6 mois.

Nous prenons un verre avec lui au bar du village : une salle vitrée avec deux grandes tables. Il demande à Basanta si j’ai fini mes études : décidément, je les adore 😍 !
Retour au village avec les mêmes points de vue splendides. Je prends très peu de photos, je préfère m’enivrer en direct de ces images. Rama nous a préparé un Dal Bhat de poulet : c’est la première fois que nous mangeons de la viande à Thatibhanjyang. Cela ne m’avait pas manqué jusqu’à ce que je goûte la préparation de Rama : une dinguerie ! (Nom très peu distingué mais terriblement justifié !).

Basanta me raccompagne chez Bomba. Il a échangé avec elle : je vais pouvoir m’installer pour les nuits dans une chambre à l’étage de la maison avec elle. Ainsi, je ne me retrouverai plus seule avec toutes mes peurs et angoisses (les bruits des blattes, la grille qui s’ouvre). Une porte nous sépare, je me sens extrêmement soulagée. Je pense que mon sommeil va gagner en qualité, d’autant que dans cette chambre, c’est la caverne d’Ali Baba : j’ai placé une couverture plus une couette pliée en deux sur ma paillasse. Cela devrait améliorer mon confort car les lits sont durs au Népal… Mon matelas « dur » à la maison à Nort, c’est vraiment de la rigolade !
J’espère profiter d’un sommeil réparateur pour attaquer demain le quatrième jour des travaux.
