Un réveil en douceur et en saveurs

Enfin une nuit quasi complète ! Réveillée à 5h15, j’attends par principe l’heure officielle du réveil, soit 6h45. C’est Debbie, la belle-fille de Pompa (encore une erreur d’audition, mon hôte ne s’appelle pas Bomba !), qui me prépare le thé ce matin. Elle y ajoute du clou de girofle et du gingembre pilés, accompagne le tout d’une petite banane, et j’enchaîne avec le petit-déjeuner préparé par Rama : chapati et légumes. Kam ma Jam ! (Au travail !)

Peinture, succès familial et pas de danse

Tour du chantier avant de débuter, comme tous les matins. L’artiste a un empêchement (obscur, je ne connaîtrai pas la raison) ; il viendra demain pour continuer les peintures pédagogiques. Deepak prépare sa peinture, tandis que Basanta et moi repartons pour une journée « fenêtres » en compagnie de l’effroyable peinture noire.

Des enfants passent nous saluer lors de la pause. Un groupe de jeunes filles de première (l’équivalent, si j’ai bien calculé) me demande si j’ai des enfants. Je leur explique en népalais : deux fils (dui chora). Je leur propose de leur montrer une photo : elles glissent entre elles « very handsome », puis elles partent en riant. Moins de 5 minutes après, deux autres filles viennent vers moi : « Chora photo ? ». Même programme ! Elles ont défilé par petits groupes de secondes et de troisièmes tout l’après-midi ; j’ai dû déchausser mes gants cinq ou six fois !

Deepak et moi avons travaillé un bon moment dans la même classe. Il a mis de la musique depuis son téléphone et, de façon totalement inattendue, il a posé son rouleau et s’est mis à danser ! Qu’à cela ne tienne, bien sûr, je l’ai rejoint. Plutôt sympa comme pause, je pense le suggérer au prochain CSE !

Complicité et chaleur tropicale

Au déjeuner, nous avons eu des nouilles sautées. Je pense que les garçons étaient jaloux de mon assiette ; ils ont dû faire le forcing auprès de Rama pour en avoir au menu. Arus dormait dans son hamac, une vraie trombine à câlins ! C’est devenu mon copain. Il m’a fait deux bisous ce soir, après une bonne partie de rigolade.

L’après-midi a été étouffante de chaleur. J’ai tenu une fenêtre en extérieur, puis j’ai continué en intérieur. J’ai aussi remis à Bindu le porte-vue contenant le mot et les dessins de la classe de CE2-CM1 de l’école Anatole France de Villemur (31). Elle était ravie et va le partager avec sa classe. Elle m’a proposé ce soir, après le travail, de monter au village au col. J’aurai le temps d’être fatiguée en France ; ici, je profite des opportunités d’échanges. J’accepte avec grand plaisir.

Le protocole de la cloche

Comme je manquais à chaque fois la sonnerie manuelle de Rama, Deepak lui a demandé de me prévenir pour la prochaine cloche. Peu avant 16h, elle vient me chercher : petit quiproquo sur la demande, un de plus, mais ce n’est jamais grave. Je souhaitais seulement filmer Rama qui faisait tinter la cloche. Au lieu de cela : nouvelle expédition protocolaire !

16h désigne la fin des cours pour toutes les classes, sauf les premières. Tous les élèves sont en ligne en attendant que je filme et que Rama sonne la cloche… Je leur cause bien des soucis ! En guise de cloche, il s’agit d’une plaque de métal qu’elle frappe. Les élèves, très disciplinés, me saluent de la main en lançant de très scolaires et enthousiastes « Good bye ». C’est adorable, gênant et formidable à la fois. Je retourne ensuite travailler encore une petite heure.

Escapade improvisée au sommet

Nettoyage à l’essence, puis je file prendre une douche pour rejoindre Bindu et sa grande fille, Manusai. Nous entamons notre marche doucement. Ça grimpe, mais je me sens bien. Un 4×4 aux mille froufrous s’arrête près de nous. Bindu semble connaître le chauffeur et hop, nous voilà embarquées à bord du bolide ! Grosses secousses et annonce des virages à force de klaxon pour gagner la priorité. Il nous dépose à quelques mètres de notre objectif.

Bien entendu, je me laisse porter. L’objectif n’était connu que de Bindu, je sais rarement où l’on m’emmène. Nous avons rendu visite à une de ses amies, Sita, dont les légumes sont souvent utilisés par Rama pour nos repas. Une bufflonne et une chèvre nous observent depuis leur étable extérieure. Sita nous invite à nous asseoir sous le kiosque. Un thé noir très sucré nous est servi, puis du pain de millet (qui ressemble terriblement au kodoko chapati) avec ses légumes chauds assaisonnés. Ça a l’air délicieux, mais je me force à en prendre pour faire honneur car je n’ai absolument pas faim.

Partage et potager

Nous passons un bon moment. Bindu traduit la conversation en anglais. Les premières questions reviennent : « Es-tu mariée ? As-tu des enfants ? ». La voisine nous a rejointes ; c’est une des institutrices de l’école. Nous prenons congé, puis arrivons quelques mètres plus tard dans la cour de la famille de Bindu, composée de trois maisons : la sienne, celle de sa sœur et celle de ses parents où vit également sa grand-mère.

Son père finit de traire la bufflonne ; Bindu est venue lui acheter du lait pour sa petite-fille. Nous faisons le tour du potager, institution incontournable : fèves, choux, haricots plats, pommes de terre, aubergines, oignons à foison et encore bien d’autres variétés. Notre escapade s’achève et nous rentrons au village avec la nuit.

Fin de journée

Un Dal Bhat au poulet nous attend. Arus, toujours aussi souriant, est d’humeur canaille. Ses éclats de rire sont communicatifs et purs, j’en profite avec gourmandise. Il est temps pour moi de rentrer donner des nouvelles, lire quelques pages de mon livre et éteindre au plus tard à 22h pour me reposer.

Demain nous sommes vendredi, dernier jour de travail au Népal. Le week-end ne comprend qu’une seule journée : le samedi. Seule inconnue : aurons-nous un jour de repos avec le chantier ? Nobody knows… J’en saurai plus demain soir !

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